Un homme intelligent arrive toujours à résoudre un théorème, pas toujours à réussir un poème.

Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 00:33

J’ai vu des choses que nul ne pourrait croire,
Comme des rêves étranges et fabuleux,
Des visions de mondes si merveilleux,
Qu’une vie entière ne suffirait pas pour les concevoir.
 
Des univers de tumultes épiques et de violence,
Combats de vaisseaux géants peuplés de héros surnaturels,
Mais aussi de contemplations et de silence,
Sérénité de jardins célestes à la végétation éternelle.
 
Des animaux inconnus, des créatures extraordinaires,
Des montagnes sans sommets, des mers sans fonds, des paysages si vastes,
Des villes grandioses, des cimetières tentaculaires,
Des tours si hautes, des ports si beaux, des palais si fastes.
 
Des voix profondes, une musique stellaire,
Des espaces infinis de sensations, entre présence et absence,
Enchevêtrements de routes et de chemins dont j'ignore le sens,
Conscience obscure du néant ou soif de lumière éphémère.
 
Tous ces instants se perdront dans le temps,
Tous ces moments disparaîtront, s’évanouissant,
Comme des larmes dans la pluie,
Entre le midi et le minuit.

Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 21:55

Un petit poème
c’est agréable,
ça soulage et puis
ça permet d’oublier
que le monde n’est pas beau
mais qu’il pourrait l’être.
Un petit poème
c’est agréable,
ça fait passer le temps
ça occupe et puis
ça donne l’impression
d’être moins con
que la veille.
Un petit poème
c’est agréable,
ça redonne goût à la vie
tout en faisant souffrir
et puis ça met du sucre
dans le jus de pamplemousse
(qu’était si amère
l’instant d’avant).
Un petit poème
c’est agréable,
ça donne une direction
au temps, un sens
à la vie, un endroit
où aller
passer la nuit
quand on se rappelle pas
où on a passé le jour.
Un petit poème
c’est agréable,
ça met du sel dans le steak
si c’est pas du poivre
pour mieux le manger
pour mieux l’apprécier
pour mieux le digérer
et puis ça donne du plaisir
c’est peut-être ça
l’important.
Un petit poème
c’est agréable,
ça redonne goût à la mort.
 
Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 21:40

Un vieux monsieur dans la rue
chapeau crasseux, gabardine et bâton de vieillesse
marchait avec difficulté dans une direction inconnue.
Souvent on exige des vieux la sagesse ;
celui-là, comme d’autres, n’en avait pas
mais par contre avait son adresse.
C’était là qu’il allait, pas très souriant
on se demande pourquoi, il devrait pas
paraître si sot et mécontent.
Ce vieux monsieur frappait par terre de sa canne ;
de rage, de dégoût et d’impuissance ?
Toujours est-il qu’il avait l’air d’un âne.
Ça peut paraître curieux, un vieux
qu’aime pas la sagesse,
en général c’est mieux pour monter aux cieux.
Mais faudrait pas s’y méprendre
ce vieux connaît la sagesse
et il préfère la connerie, à tout prendre.
Elle a un voile noir la sagesse
les ongles pointus et les canines en avant
et elle a un secret la sagesse :
c’est la mort.
 
Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 21:36

Les chapeaux sont beaux
ils sont comme le point sur le i
comme la cerise sur le gâteau
ils habillent, ils déguisent, ils travestissent
ils cachent la tête, et protègent des intempéries
ce qui ne l’était pas, ainsi que les interstices
ils serrent les cheveux et empêchent les pensées
de s’évader, de s’échapper, de foutre le camp
comme ça arrive souvent, pendant l’été.
 
Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 21:12

Quand j’étais enfant
J’allais à l’école.
On m’y apprenait des tas
De choses si utiles à la vie
Et pis d’autres, un peu moins utiles,
Mais tellement plus importantes.
A l’école la maîtresse expliquait pourquoi
Les gens sont différents
Les uns des autres, mais pas pourquoi
Ils doivent le rester.
A l’école des monsieurs, des madames,
Des jolies (parfois) mademoiselles,
Au demeurant très gentils et propres sur eux,
Enseignent les disciplines
Du premier âge.
Ça développe et ça enveloppe à la fois,
Ça aide à mieux comprendre ce que sera
(Et ce que ne sera pas) le deuxième âge
(Sans parler du troisième ni du quatrième) ;
Ça rassure et pis ça fait penser :
« Pauvres de nous, si ça n’existait pas ! »
Ça donne une direction
Où aller, un abri
Où se réfugier, un sens
A ce qui en manquait.
Et pis surtout, et c’est ce qui est
Fondamental, basique, défécatoire
Ça permet de pas trouver
Qu’on est vraiment rien.

 

Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 21:05

Quand le jour obscurcit, le soir venant,
Que pointe la nuit, soleil rougissant,
Vient un sentiment, comme une question,
Une mystérieuse interrogation.
 
L’âme profonde, l’esprit ailleurs, l’homme se tourne
Vers le lointain, là-bas, vers le nocturne.
Une voix céleste lui chante alors « Viens ! »,
Un tourment le gagne, et il se souvient…
 
Où sont passées les belles heures d’enfance ?
Peuplées de gloires, ignorant la souffrance.
Caresses, chimères et futiles disputes
Formaient le lot quotidien, comme un but.
 
Cris de joie, cris de peur, tant d’innocence,
Souvenirs du temps et, quand on y pense,
Ce qui reste gravé dans la mémoire,
Telle une chanson douce, si belle histoire.
 
Désormais voilà le jour déclinant
Remplacé par le crépuscule naissant.
Tout là-haut les astres lèvent leur voile,
Mais sans la promesse d’une autre étoile…
 
Le cœur triste, vibrant, l’homme alors se remémore
Ses croyances d’enfant pour défier la mort.
Rires, gourmandise, volupté furent pour lui des armes
Pour tenter d’échapper à de probables larmes.
 
Nostalgie d’un espoir et d’un rêve éveillé,
Soif d’infinis, désir si vain d’éternité,
De prendre à bras-le-corps ce destin qui s’enfuit
Et de se croire au paradis malgré la pluie.
 
Espérances, tendresses, mais aussi violences pures,
Transports si vifs d’une vie toujours immature,
Et tout ce qui rendit ces heures délicieuses,
Rythmes lents, cadences et paresses si heureuses.
 
Tout cela est parti, les occasions perdues,
Emportées par le vent, à son tour disparu.
Ne restent que des pensées, des regrets aussi,
Que l’on ne peut, sujet trop vaste, conter ici.
 
Songes amers pour l’homme, quelque peu hébété,
Ses fautes, gestes manqués, absences répétées.
Pourquoi n’avoir osé ? Silence fut-il d’or ?
Et toujours cette interpellation, oui, alors ?...
 
Quelle est cette douleur, ce sentiment du soir ?
Si proche du deuil, si proche du désespoir.
Trouverait-on encore la force d’avoir faim
Après pareille complainte ? Las, me voilà fin.
 
Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 20:53


Sentir le temps s’envoler,
Sentir les nuages passer,
Sentir les saisons s’écouler,
Sentir son amour s’étouffer,
Sentir son cœur se briser,
Sentir sa tête se casser,
Sentir ses veines exploser,
Sentir sa beauté dépérir,
Sentir son inspiration se tarir,
Sentir son courage faiblir,
Sentir sa quête se finir,
Sentir son innocence s’évanouir,
Sentir sa solitude grandir,
Sentir son ivresse mourir,
Sentir sa joie disparaître,
Sentir sa peine apparaître,
Sentir son angoisse renaître,
Encore,
Sentir son espoir s’évaporer, lentement,
Sentir son chagrin monter, mollement,
Sentir ses larmes couler, doucement,
Toutes d’or,
Mais sans trop d’amertume, sans trop de regret,
En tout cas en essayant d’oublier,
Et de se résigner,
Dès lors.


Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 20:02

Aimer, tout bêtement, tout simplement,
Parfois sans raison, sans motif apparent,
Sans trop d’emportement, ni de violence,
Mais doucement, presque en silence,
Comme une prière, comme un chant,
Dont les notes se perdraient, un peu découragées,
Ne sauraient où aller, un peu désespérées,
Saisir un élan, trouver un écho,
Comme une réponse à ce phénomène si beau,
Qui donne un goût à l’existence,
Une raison de vivre, de toute évidence.
Aimer, même sans tout connaître, ni tout comprendre,
D’un cœur voulant bien faire, mais ne sachant comment s’y prendre,
Pour ne pas faire fuir, pour ne pas faire peur,
Et ne pas se voir condamné à errer dans l’heure,
D’un cœur triste et gai en même temps,
Gai d’éprouver un si profond sentiment,
Mais triste car se sachant vaincu d’avance,
Et qu’il ne pourrait pour sa défense sortir sa science,
D’un cœur qui ne voudrait pas s’abîmer par terre,
Comme s’il n’habitait plus vraiment sur Terre,
Car si un jour comme tous les autres il a pu tricher,
Il ne le peut plus, et il ne sait plus se cacher.
Aimer, de sympathie et d’émotion,
De douceur et de dévotion,
De douleur et d’abnégation,
Et de tendresse, cette jolie tendresse,
Une mer de tendresse, merveilleuse et indéfinie,
Mais qui restera inassouvie, si belle ironie.
Ce n’est jamais la faute de personne, c’est juste la vie,
Cette vie qui est si belle, mais aussi si cruelle,
Car ce ne sera jamais bien, ce sera toujours rien,
Ce ne sera jamais comme il faut, ce sera toujours trop,
Ou alors insuffisant, pas assez,
C’est selon ; vous qui lisez, choisissez.
Aimer à se sentir si grand, et pourtant si gêné,
Le cœur si vaste, et pourtant si navré,
D’avoir sonné à la mauvaise porte, d’avoir dérangé.
Et puis ne pas savoir que faire de cet amour,
Si maladroit, si résigné,
Puisque jamais il ne verra le jour,
Puisque jamais il ne sera partagé,
Et qu’il faudra l’enterrer pour toujours,
Comme un désir vain, naïf, et un peu fou,
Qui doit bien vite retourner au trou,
D’où il est venu sans avoir prévenu,
Le malheureux, l’obtus.
Aimer et puis tenter d’oublier, et se convaincre de ne plus aimer,
Ou alors d’une autre façon, autrement,
Se vouloir aussi généreux, mais moins égoïste et moins embarrassant,
Moins de sentiments, mais une meilleure amitié peut-être, qui sait vraiment ?
Et puis comprendre la leçon, et puis l’accepter,
Se résoudre à ce que soit impossible, que ça ne puisse pas s’imaginer,
Comme quand on regarde une étoile,
Si lointaine et pourtant si voisine à la fois,
Qu’on voudrait tellement pouvoir l’approcher,
Mais on s’y brûlerait les doigts,
Alors que si on la laisse en paix,
Sa lumière n’en est que plus belle,
Malgré la peine, malgré le regret,
De ne pas avoir pu, de ne pas avoir su la toucher,
Et qu’elle ne nous soit pas destinée,
Ni pour une minute, ni pour l’éternité.
Aimer, tout bêtement, tout simplement,
Sans grande attente, sans grand espoir,
Et finalement trouver la force de dire au revoir,
De laisser disparaître cet amour, cette brève histoire,
Et trouver le courage de ne pas broyer trop de noir,
Se voir déçu évidemment, mais repartir encore et toujours,
Vers un autre voyage, d’autres alentours,
Tenter de combler l’absence, de conjurer l’hiver et le froid,
De ne pas se perdre et de garder la foi,
Pour ensuite reprendre en souriant et en tremblant,
La grande course en avant,
La grande course un peu folle de toutes les espérances et de tous les désespoirs,
Et pouvoir se dire un beau matin,
C’est fini, je n’ai plus de chagrin !
Sans pour autant réussir parfaitement à étouffer,
Cette chaleur, cette affection, cette beauté,
Qui malgré tout, c’est sûr, ne pourront que perdurer,
Parce qu’elles seront toujours sans animosité,
Remplies de bienveillance et d'une sincère amitié. 

Par victor from paris - Publié dans : poèmes
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